Présentation
En 1978, notre association a Ă©tĂ© créée : le Service d’Aide aux Toxicomanes de l’Oise. Au fil des dĂ©cennies, nos services se sont Ă©tendus. DĂ©sormais, nous accueillons et accompagnons les personnes souffrant d’addictions sous toutes les formes (substances psychoactives licites ou illicites, alcool, jeux vidĂ©o, jeux d’argent, etc.). Nous accompagnons ces personnes par la prĂ©vention, la rĂ©duction des risques et le soin. Nous gĂ©rons plusieurs Ă©tablissements, avec ou sans hĂ©bergement, situĂ©s sur les territoires de santĂ© de l’Oise et de l’Aisne :
- des Centres de Soins d’Accompagnement et de PrĂ©vention en Addictologie (CSAPA) ambulatoire (Compiègne ; Creil ; Beauvais) et avec hĂ©bergement (la CommunautĂ© ThĂ©rapeutique (CT) de Saint-Martin-le-NĹ“ud ; les Appartements ThĂ©rapeutiques Relais (ATR) de Compiègne)
- des Centres d’Accueil et d’Accompagnement Ă la rĂ©duction des Risques des Usagers de la Drogue (CAARUD) : Montataire ; Soissons.
- deux structures pour les personnes ayant des soucis de santé et/ou de précarité : les Appartements de Coordination Thérapeutique (ACT) de Creil et de Compiègne et les Lits Halte Soins Santé (LHSS) de Compiègne et prochainement de Clermont.
Organigramme

Histoire de l’association
Le SATO Picardie en quelques dates
17 décembre 1977 : assemblée constitutive
1978 : structure d’accueil toxicomanes Ă Beauvais
1979 : post-cure « Le Buriflet » à Amy (Lassigny)
1980-1989 : création des Centres de Soins Spécialisés Toxicomanes (CSST) à Creil, Beauvais et Compiègne
1991 : création des Appartements Thérapeutiques Relais à Compiègne
1993 : Ă©largissement de l’activitĂ© sur l’Aisne (Laon, Soissons, Château-Thierry et Saint-Quentin)
1994 : crĂ©ation du CAARUD Ă Montataire ; 1e programme mĂ©thadone de l’Oise, le CSST de Creil
1996 : création de la Communauté Thérapeutique à Saint-Martin-le-Nœud
1997 : création du Point Ecoute Jeunes et Parents à Creil, Beauvais et Saint-Quentin
1998 : crĂ©ation du Service d’Accueil et d’Aide Mobile (SAAM) Ă Laon, Saint-Quentin et Soissons
2008 : création du CAARUD à Soissons et Château-Thierry
2009/2010 : passage du CSST en CSAPA
2010 : création des Lits Halte Soins Santé à Compiègne
2013 : entreprise insertion « A2F » à Beauvais
2014 : CAARUD Ă Saint-Quentin et Hirson
2019 : PESP dans l’Oise
2021 : ouverture du PAEJ
2023 : ouverture du LHSS sur le site de Clermont
Projet associatif
Introduction
Le SATO Picardie dĂ©veloppe son action depuis 1978 dans le champ des addictions, tant au niveau de la prĂ©vention et de la rĂ©duction des risques que de celui du soin, de l’hĂ©bergement et de la rĂ©insertion. Durant ces trente-six annĂ©es, l’association a dĂ©veloppĂ© un grand nombre d’initiatives et de projets sur le dĂ©partement de l’Oise et de l’Aisne. La phase prĂ©liminaire Ă la crĂ©ation de l’association (1976-1977) est menĂ©e par deux intervenants. D’une part, ils Ă©tudient, Ă l’époque et le plus prĂ©cisĂ©ment possible, la situation de la toxicomanie dans l’Oise. D’autre part, les deux intervenants tentent d’inventer les modalitĂ©s d’intervention dans les champs de la prĂ©vention et de l’aide aux toxicomanes. Soutenus alors par quelques personnes qui rĂ©flĂ©chissent Ă l’élaboration d’un projet de structure d’hĂ©bergement pour toxicomanes, le SATO (Service d’Aide aux Toxicomanes de l’Oise) dĂ©pose ses statuts Ă la Sous PrĂ©fecture de Compiègne en janvier 1978.
Les premières années
Dès sa première annĂ©e d’existence, l’association crĂ©e, dans les locaux de l’UDAFO*, une structure d’accueil en ambulatoire pour toxicomanes Ă Beauvais. Au cours de cette mĂŞme annĂ©e, elle ouvre l’une des premières postcures pour toxicomanes en France. Il s’agit d’une structure expĂ©rimentale de 10 lits destinĂ©e Ă prendre en charge des hĂ©roĂŻnames : la postcure « Le Bouriflet » situĂ©e Ă Amy, au nord-ouest de Noyon.
En 1980, elle installe un deuxième centre d’accueil en ambulatoire Ă Compiègne puis, en 1983, un troisième sur la ville de Creil. Les Ă©quipes interviennent, dès la crĂ©ation de ces services, en milieu carcĂ©ral sur les deux maisons d’arrĂŞt du dĂ©partement et, un peu plus tard, en 1988, au centre de dĂ©tention de Liancourt. Elles participent Ă des actions d’information et de prĂ©vention en lien avec de nombreux partenaires, en particulier avec l’Education Nationale auprès des Ă©lèves dans les collèges et lycĂ©es. Elles dĂ©veloppent des collaborations de travail avec le secteur sanitaire, notamment avec les hĂ´pitaux gĂ©nĂ©raux de proximitĂ© comme Senlis, Creil, Noyon, Compiègne, Beauvais, MĂ©ru et Clermont, pour organiser des « cures de dĂ©sintoxication » ou « cures de sevrage ».
Les 3 et 4 mars 1988, le SATO organise la première rencontre de Chantilly au centre culturel des Fontaines. La première journée concerne « Le dispositif régional Nord-Picardie de soins aux toxicomanes » et la seconde se déroule autour d’une rencontre des postcures du Nord de la France. Six pensionnaires de la postcure du Bouriflet participent à ces manifestations et ont ainsi l’occasion de faire part de leur témoignage et d’intervenir de façon pertinente au cours des débats.
SATO devient SATO-Picardie
En 1989, l’association ouvre un nouveau centre d’accueil sur la ville de Soissons dans le sud du département de l’Aisne. Cette même année, le SATO fusionne avec une autre association, le GILT œuvrant jusqu’à lors sur le département de l’Aisne. Cette fusion donne naissance à une nouvelle association : le SATO-Picardie. L’objectif est de continuer le travail entrepris sur le département de l’Oise et d’aider à promouvoir sur le département de l’Aisne un dispositif cohérent de prévention et d’accueil en matière de toxicomanie.
Les 3 et 4 février 1989, le SATO-Picardie coorganise avec l’ANIT (Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie), le colloque de Chantilly sur le thème « Des postcures, pourquoi faire ? ». Pour la première fois en France ces institutions se rencontrent. Plus de 120 personnes participent à ces journées et confrontent leur approche. Les Appartements Thérapeutiques Relais En 1990, l’association se dote d’une nouvelle structure : les Appartements Thérapeutiques Relais. L’UHMU*, située à Compiègne, s’adresse : d’une part à des personnes toxicomanes dont le projet de soin est bien avancé mais qui ont besoin encore d’être accompagnées de façon plus distanciée dans leurs démarches de réinsertion sociale et professionnelle ; d’autre part à des personnes toxicomanes ou non, séropositives ou malades du SIDA. Ce service est composé de 5 logements indépendants loués aux bailleurs sociaux ainsi que d’une maison pouvant héberger, en collectif, 3 résidents. La capacité totale d’accueil est de 8 places (dont 3 réservées aux personnes atteintes par le VIH) pour des personnes majeures hommes ou femmes et couples. L’on notera que dès la mise en place des traitements de substitution aux opiacés (TSO) au sein de l’association (1994 pour la méthadone et 1996 pour le Subutex) cette structure offre la possibilité d’héberger des personnes sous TSO.
Les années 1990
Au cours de cette même année, l’association réalise une pré-enquête visant à évaluer ses actions de prévention en milieu scolaire et destinée à s’intégrer dans une enquête de plus grande envergure menée par l’INSERM et l’Education Nationale et portant sur la prévention en toxicomanie dans le département de l’Oise (rapport d’activité 1990 pages 53-58). Les 8 et 9 mars, le SATO-Picardie et l’ANIT coorganisent le colloque de Chantilly sur le thème « L’évolution des prises en charge dans les centres de postcure ». Cette rencontre accueille sept intervenants portugais. Les 2 et 3 avril 1992 se tient le cinquième colloque de Chantilly coorganisé par le SATO-Picardie, l’ANIT et T3E (Toxicomanie, Europe, Echanges, Etudes) sur le thème « Histoire d’un corps en souffrance ou l’échec du tout-psychique ». Cette manifestation a réuni plus de 200 personnes dont une soixantaine provenant de 12 pays européens ainsi qu’un spécialiste égyptien.
En 1993, l’association élargit son activité dans le sud du département de l’Aisne en ouvrant à partir du centre de Soissons une permanence sur la ville de Château-Thierry. L’équipe intervient en milieu carcéral sur le centre de détention de Château-Thierry et sur le centre pénitentiaire de Laon, développe un partenariat avec l’hôpital de Château-Thierry et renforce sa collaboration de travail avec l’hôpital de Soissons. Cette même année, à partir du centre d’accueil de Creil, l’association ouvre une permanence d’accueil sur la ville de Montataire ainsi qu’une permanence sur la ville de Méru à partir du centre d’accueil de Beauvais. Elle étend la capacité d’accueil de sa postcure de 5 lits soit un total de 15 places. Les 7, 8 et 9 avril 1993, l’association coorganise le colloque de Chantilly en collaboration avec l’ANIT sur le thème « Non abstinence à personnes en danger ». Cette rencontre a réuni une centaine d’intervenants en toxicomanie. Face à l’incidence du VIH et des hépatites, les intervenants du SATO-Picardie mènent deux enquêtes : l’une auprès des pharmaciens (rapport d’activité 1993 pages 19-27) et l’autre auprès des médecins généralistes (rapport d’activité 1993 pages 28-38) des départements de l’Oise et de l’Aisne où les centres d’accueil de l’association sont implantés afin d’une part de promouvoir un programme d’échange de seringues et d’autre part afin de constituer un réseau de médecins généralistes.
En 1994, la mĂ©dicalisation du Centre de Soin SpĂ©cialisĂ© pour Toxicomanes de Creil permet l’ouverture du premier programme mĂ©thadone (25 places) du dĂ©partement. Dans le cadre du plan gouvernemental de promotion d’approches nouvelle de la prise en charge des toxicomanies, l’association crĂ©e l’une des premières boutiques de rĂ©duction des risques destinĂ©s aux usagers de drogues actifs. Le SATO-Picardie dĂ©veloppe Ă©galement une politique de rĂ©duction des risques dans les dĂ©partements de l’Oise et de l’Aisne par : – la mise en Ĺ“uvre d’un programme d’échange de seringues en partenariat avec les pharmaciens ; – la pose progressive d’automates distributeurs de kits seringues et rĂ©cupĂ©rateurs de seringues usagĂ©es. Ces dispositifs ont lieu sur les villes de Compiègne, Montataire, Beauvais, Clermont, Creil, MĂ©ru, et Laon. Les 24 et 25 mars 1994, l’association coorganise avec l’ANIT* un colloque sur le thème « La place et le rĂ´le des Appartements ThĂ©rapeutiques Relais dans la prise en charge des toxicomanes ». Cette manifestation a rĂ©uni 150 professionnels. Sur le mĂŞme principe des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, l’association laonnoise de prĂ©vention dĂ©pose, dans le cadre du DĂ©veloppement Social Urbain de la ville, un projet d’enquĂŞte d’évaluation des problèmes locaux de toxicomanie. Ce travail est confiĂ© au SATO-Picardie qui engage auprès des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et des pharmaciens de la ville de Laon une recherche intitulĂ©e « Diagnostic toxicomanie » (rapport d’activitĂ© 1994 pages 58-60).
En 1996, elle ouvre l’une des premières CommunautĂ©s ThĂ©rapeutiques agréée en France, situĂ©e Ă Saint Martin le NĹ“ud prĂ©s de Beauvais. La CT a une capacitĂ© d’hĂ©bergement de 25 lits Ă©tendue par la suite Ă 35 places (autorisation en 2006 suite Ă l’appel d’offre de la MILDT*/DGS* de 2005, mise en place effective en 2009). Cette structure accueille des femmes et des hommes, majeurs, pour des durĂ©es de sĂ©jour d’une annĂ©e renouvelable une fois. Les personnes sous traitements de substitution (TSO*) peuvent y ĂŞtre hĂ©bergĂ©es. Au cours de cette annĂ©e, le SATO-Picardie s’implique dans le cadre de la politique de la ville et, plus particulièrement, dans le cadre des Contrats Locaux de SĂ©curitĂ© et de PrĂ©vention de la DĂ©linquance (CLSPD*) mis en Ĺ“uvre sur le dĂ©partement de l’Oise. Notre association profite des opportunitĂ©s offertes Ă cette Ă©poque pour mobiliser un certain nombre de jeunes en contrat emploi-villes recrutĂ©s au sein des quartiers difficiles. NommĂ©s « OpĂ©rateurs de proximitĂ© », ces jeunes contribuent, de par leur connaissance aigĂĽe du terrain, Ă mettre en Ĺ“uvre une autre manière : – de travaille (en particulier le « aller vers ») ; – d’élargir nos espaces et nos modes d’intervention ; – de mieux connaitre le terrain et les usagers ; – de repĂ©rer les publics cibles et leurs besoins ; – de dĂ©velopper en consĂ©quence des actions adaptĂ©es. Ces recrutements se sont poursuivis les annĂ©es suivantes par l’embauche d’emplois-jeunes. Un certain nombre de ces jeunes ont pu dans le cadre de la formation continue de l’association bĂ©nĂ©ficier d’une formation qualifiante (moniteur- Ă©ducateur/Ă©ducateur spĂ©cialisĂ©s/aide mĂ©dico-psychologique) et sont aujourd’hui salariĂ©s de l’association.
En 1997, le SATO-Picardie dĂ©veloppe des structures spĂ©cifiques pour la prĂ©vention et l’usage de drogues et des conduites Ă risques en crĂ©ant Ă Creil, Saint-Quentin et Beauvais trois Points Ecoute Jeunes et Parents (PEJP*) destinĂ©s Ă l’accueil des jeunes et de leurs parents. Au cours de cette mĂŞme annĂ©e, dans le dĂ©partement de l’Aisne, l’association met en place le Point santĂ© sur la vile de Laon. Les 27 et 28 fĂ©vrier 1997, l’association coorganise, en collaboration avec l’ANIT* et le Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Oise, le colloque de Chantilly sur le thème « HĂ©bergement thĂ©rapeutique et prise en charge pharmacologique ». Cette rencontre a rĂ©uni plus de 120 participants venus de diffĂ©rents points de France. En 1998, dans le cadre de la rĂ©duction des risques et de la prĂ©vention du VIH et des hĂ©patites, le SATO-Picardie crĂ©e, avec le soutien de la DDASS* de l’Aisne, une antenne mobile Ă vocation dĂ©partementale pour rĂ©pondre aux problèmes de santĂ© publique : le SAAM* (Service d’Accueil et d’Aide Mobile). Grâce Ă un camion amĂ©nagĂ©, l’équipe se dĂ©place dans les quartiers des villes de Laon (Soissons et Saint-Quentin), pour : – distribuer des prĂ©servatifs et du matĂ©riel stĂ©rile d’injection pour les Usagers de Drogues par Voie Intraveineuse (UDVI*) ; – rĂ©cupĂ©rer les seringues usagĂ©es ; – accueillir et orienter les personnes rencontrĂ©es vers les structures sociales et mĂ©dicales ; – proposer les sĂ©rologies ; – diffuser des messages de prĂ©vention au sujet des comportements Ă risques ; – dĂ©velopper un travail communautaire dans les quartiers oĂą le bus effectue ses passages. Les intervenants de l’association rĂ©alisent cette mĂŞme annĂ©e une enquĂŞte menĂ©e auprès des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes de l’arrondissement de Château-Thierry (rapport d’activitĂ© 1998 pages 97-106). Dans le mĂŞme temps, le SATO-Picardie dote progressivement ses services du logiciel Pro-G-Dis qui permet, dès son appropriation par les Ă©quipes, de renseigner mĂ©thodologiquement et prĂ©cisĂ©ment les donnĂ©es quantitatives de l’activitĂ© des services pour la rĂ©daction de son rapport annuel d’activitĂ©.
En 1999, la postcure « Le Bouriflet » ferme.
Les années 2000
En 2000, en partenariat avec la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports (DDJS*) de l’Oise, le SATO-Picardie met en œuvre un projet intitulé « Usages et abus de produits licites et illicites par les jeunes en milieux festifs ». Nos premières observations confortent rapidement l’intérêt et le besoin de développer une présence régulière lors de ces manifestations.
Dès 2002, en collaboration avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM*) de Creil, le SATO-Picardie rĂ©alise une recherche-action avec pour objectif principal de fournir des informations sur le type de produits utilisĂ©s lors de ces rencontres ainsi que sur les frĂ©quences et les modalitĂ©s de consommations afin de mieux cibler son action et le contenu des messages de prĂ©vention Ă diffuser (rapport d’activitĂ© 2003 pages 88-104). En 2002, le CSST* de Beauvais est mĂ©dicalisĂ© ce qui permet une accessibilitĂ© des traitements de substitution aux opiacĂ©s (TSO) aux usagers de ce secteur et de l’environnement proche.
En 2003, le SATO-Picardie dĂ©bute la mĂ©dicalisation du CSST de Compiègne qui se concrĂ©tise en 2004 et permet, avec cette offre complĂ©mentaire, un accès aux traitements de substitution (TSO) sur tout le dĂ©partement de l’Oise. Cette mĂŞme annĂ©e, notre association s’implique dans le schĂ©ma d’Accueil d’HĂ©bergement et d’Insertion (AHI) de l’Oise et rĂ©alise une enquĂŞte sur le thème « Toxicomanie et l’urgence sociale » (rapport d’activitĂ© 2004, pages 72 – 80). Le lien entre marginalisation sociale et usage de produits psychotropes expliquera notre intĂ©rĂŞt pour la problĂ©matique de l’urgence sociale et donnera du sens Ă la crĂ©ation par notre association, quelques annĂ©es plus tard, d’une structure spĂ©cifique.
En 2003, Ă l’occasion des 25 ans de l’association, le SATO-Picardie : – organise sur la ville de Compiègne un sĂ©minaire intitulĂ© « Les traitements de substitution ». Principalement destinĂ© aux mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes, mĂ©decins psychiatres et autres spĂ©cialistes, cette rencontre s’est dĂ©roulĂ©e Ă la salle Saint Nicolas mise Ă disposition par la mairie. Cette manifestation a rĂ©uni 70 participants essentiellement des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et spĂ©cialistes de la toxicomanie originaires de quatre pays membres de l’Union : la Belgique, l’Italie, le Portugal et la France. L’objectif de ce sĂ©minaire Ă©tait de permettre un dĂ©bat sur les difficultĂ©s et les enjeux cliniques engendrĂ©s par la pratique quotidienne des traitements de substitution aux opiacĂ©s ainsi que de conforter les diffĂ©rentes approches dĂ©veloppĂ©es dans les pays reprĂ©sentĂ©s. – coorganise avec Toxicomanie Europe Echanges Etudes (T3E) et le soutien technique et financier de la ville de Beauvais, du Conseil GĂ©nĂ©ral de l’Oise, de la MILDT, de la DDASS, de la DISS, du SPIP et de la PJJ de l’Oise, du 9 au 11 avril, un colloque Ă Beauvais, au théâtre municipal, sur le thème « Conduites Ă risques et toxicomanie ». Cette rencontre a accueilli plus de 350 personnes dont 70 d’entre elles issues des pays membres de l’Union Ă savoir : la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et le Royaume-Unis. Un intervenant venu d’AlgĂ©rie et une personne venue de Bulgarie participeront Ă cette rencontre. Au cours de cette mĂŞme annĂ©e, le CSST de Beauvais dĂ©veloppe son activitĂ© et ouvre une antenne sur la ville de MĂ©ru dans un local situĂ© dans les anciennes urgences de l’hĂ´pital.
Les 24 et 25 mars 2003, l’association coorganise avec l’ANIT un colloque sur le thème « La place et le rôle des Appartements Thérapeutiques Relais dans la prise en charge des toxicomanes ». Cette manifestation a réuni 150 professionnels. Sur le même principe des études réalisées l’année précédente, l’association laonnoise de prévention dépose, dans le cadre du Développement Social Urbain de la ville, un projet d’enquête d’évaluation des problèmes locaux de toxicomanie. Ce travail est confié au SATO-Picardie qui engage auprès des médecins généralistes et des pharmaciens de la ville de Laon une recherche intitulée « Diagnostic toxicomanie » (rapport d’activité 1994 pages 58-60).
En 2006, la Boutique de réduction des risques « Le Relais » de Montataire obtient le statut médico-social de CAARUD.
En 2009, le dispositif du SATO-Picardie en matière d’addiction se restructure et prend la forme de deux Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention aux Addictions (CSAPA soin sans hébergement et CSAPA avec hébergement) et d’un CAARUD situé sur la ville de Montataire. Complété par une équipe mobile, celui-ci développe alors un travail de rue et va à la rencontre des usagers actifs en organisant des maraudes sur les villes de Pont Sainte Maxence, Compiègne, Noyon et, par la suite, sur les villes de Beauvais, Clermont et Creil. L’équipe s’implique davantage et, plus régulièrement, dans les soirées festives en particulier, dans les raves et free party organisées sur le département. L’activité de prévention menée par les deux Points Ecoute Jeunes et Parents du département de l’Oise, Le Tamarin à Creil et Le Fusain Ailé à Beauvais bénéficie à cette occasion d’un financement pérenne accordé par l’assurance maladie et inclus dans la dotation du CSAPA sans hébergement. Ces deux services intègrent les unités du CSAPA sans hébergement. Cette même année 2009, le financement des interventions en milieu carcéral jusqu’alors assuré par la MILDT dans le cadre des Conventions d’Objectifs Santé/Justice, est également inclus dans la dotation pérenne du CSAPA sans hébergement. Le nombre de postes sera progressivement augmenté pour atteindre 2 ETP d’éducateur spécialisé en 2012. Cette même année encore, l’équipe du pôle prévention, Le Tamarin à Creil, soumet le questionnaire CAST (Cannabis Abus Screening Test) et propose une enquête de satisfaction auprès des participants aux « stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de stupéfiants ». (rapport d’activité 2009 pages 105-111).
Les années 2010
En 2010, l’association étend l’activité du CAARUD sur le territoire de santé Aisne-Sud et ouvre deux nouvelles unités : l’une à Château-Thierry sous la forme d’une reprise du réseau de l’Osmois ; et l’autre sur la ville de Soissons. De la même façon que dans le département de l’Oise, des maraudes s’organisent sur les villes de Soissons, Château-Thierry et Villers-Cotterêts et l’équipe assure une présence régulière dans les soirées festives. Toujours en 2010, les équipes du CAARUD Oise et Aisne initient un travail expérimental sur les groupes de femmes se livrant à la prostitution le long de certains axes routiers de ces deux départements dans le but d’étudier leurs éventuelles consommations mais aussi dans un but de réduction des risques de transmission des Infections Sexuellement Transmissibles. Cette même année, à l’occasion des trente ans de l’association, le SATO-Picardie organise un colloque à Beauvais, les 19 et 20 mai intitulé « La communauté thérapeutique : une réponse au destin chaotique de la dépendance » et deux séminaires ; le premier, à Nogent sur Oise, le 18 mai, intitulé « Adolescence et conduites à risques : les nouveaux rites de passage. Quelle prévention, quelles prises en charge ? » et le second à Compiègne, le 21 mai, intitulé « Réduction des risques, dispositif de soins et réinsertion sociale : quelles évolutions ? » (rapport d’activité 2010 Pages 249-258).
Le but de ces trois manifestations était de réfléchir aux problèmes actuels posés par les addictions ainsi qu’aux nouvelles stratégies à mettre en œuvre face aux dépendances. Elles ont regroupé environ 400 participants dont 130 représentants venus d’Algérie, de Belgique, du Danemark, d’Espagne, de Grèce, d’Italie, de Pologne, du Portugal, du Royaume-Uni, de Slovaquie, et des Etats-Unis. Coorganisé avec le réseau européen T3E avec le concours de l’ANITEA et le soutien matériel et financier de la MILDT, du Conseil Général de l’Oise, du Conseil Régional de Picardie et des municipalités de Nogent sur Oise et Compiègne, cet événement a témoigné de l’image et de la notoriété que le SATO-Picardie a su promouvoir durant ces 30 années d’existence tant au niveau national qu’international. Le succès et l’esprit qui ont présidé à ces rencontres soulignent les liens d’amitié sincères qui se sont tissés au fil des années avec un grand nombre de spécialistes et de professionnels du champ des addictions. Cet événement a constitué pour l’association une reconnaissance pour le travail accompli et nous a invités à poursuivre nos efforts pour continuer l’œuvre entreprise par le SATO-Picardie.
Cet anniversaire a également été l’occasion d’inaugurer les nouveaux locaux de la Communauté Thérapeutique de Flambermont qui porte dorénavant sa capacité d’accueil à 35 lits. Enfin, en décembre 2010, le SATO-Picardie ouvre une nouvelle structure : les Lits Halte Soins Santé (LHSS). Le Pourquoi Pas est un établissement de 18 lits médicalisés situé à Compiègne, destiné à héberger sur une durée de séjour de deux mois renouvelables, sur avis médical, des personnes confrontées à de graves processus de désinsertion qui se trouvent, de ce fait, dans un état de marginalisation et de grande précarité et qui souffrent de pathologies somatiques et/ou psychiques ne nécessitant pas, par ailleurs, une prise en charge hospitalière ou médico-sociale spécialisée.
En 2012, l’équipe de l’unitĂ© de Creil/CSAPA sans hĂ©bergement mène une enquĂŞte auprès des usagers du service : « Passage mĂ©thadone sirop/versus mĂ©thadone gĂ©lules/Qu’en pensent les usagers ? » (rapport d’activitĂ© 2012 pages 114-124). Cette mĂŞme annĂ©e, dans le cadre de l’action « AmĂ©lioration et densification de la prĂ©vention et de l’offre de soin en dĂ©tention pour des dĂ©tenus usagers de stupĂ©fiants », le SATO-Picardie mène une enquĂŞte auprès des dĂ©tenus du Centre PĂ©nitentiaire de Liancourt (Rapport d’activitĂ© 2012 pages 360-370) Le 13 mars 2012 se tient l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale constitutive de l’association « PAIRS’PECTIVES ». A l’initiative d’anciens rĂ©sidents de la CommunautĂ© ThĂ©rapeutique de Flambermont, elle propose de s’organiser pour s’entraider, selon le principe d’auto-support par les pairs. Dans cette perspective, cette association prend des initiatives pour dĂ©velopper des liens et des actions susceptibles de soutenir la dĂ©marche des rĂ©sidants de la CommunautĂ© ThĂ©rapeutique de Flambermont en fin de sĂ©jour qui se trouvent dans une dynamique de sortie et de rĂ©insertion. Plus gĂ©nĂ©ralement, cette association se propose de dĂ©velopper son action dans le cadre d’un partenariat responsable et rĂ©ciproque avec le SATO-Picardie. Elle a pour objet et finalitĂ© : – d’offrir un cadre de soutien et d’aide mutuelle aux membres de l’Association pouvant ĂŞtre confrontĂ©s Ă la solitude et/ou Ă des difficultĂ©s sociales, mĂ©dicales ou encore Ă des problèmes liĂ©s Ă leur ancienne problĂ©matique addictive ; – de dĂ©velopper des initiatives et des actions concrètes visant Ă amĂ©liorer l’accompagnement des rĂ©sidants prĂ©parant leur sortie de la CommunautĂ© ThĂ©rapeutique de Flambermont ou, le cas Ă©chĂ©ant, bĂ©nĂ©ficiant d’une prise en charge dans le cadre des Appartements ThĂ©rapeutiques Relais du SATO-Picardie. Le principe et la forme de ces interventions feront l’objet d’une rĂ©flexion commune entre les Ă©quipes de ces structures et les membres de l’Association. Elles devront, en tout Ă©tat de cause, avoir reçu l’accord prĂ©alable du directeur des structures avec hĂ©bergement du SATO-Picardie ; – d’apporter les avis et conseils, du point de vue des usagers, sur le fonctionnement des structures et les projets du SATO-Picardie. Le fait d’être dĂ©pendant Ă un produit quel qu’il soit n’induit pas nĂ©cessairement un processus de dĂ©sinsertion grave et/ou irrĂ©versible. Pour autant, pour un certain nombre d’usagers qui ont une longue « carrière » dans l’addiction et qui sont en proie Ă une marginalisation importante, l’idĂ©e d’aborder avec eux une possible rĂ©insertion dans le circuit de droit commun apparaĂ®t comme un projet hasardeux et illusoire. Pour autant, dĂ©velopper une approche globale qui permette d’instaurer a minima une vie sociale et professionnelle reste une condition nĂ©cessaire pour envisager une amĂ©lioration sensible de leur addiction et de leur condition de vie. C’est en ce sens que le SATO-Picardie s’investit aujourd’hui dans la crĂ©ation en juin 2012 d’une association de prĂ©figuration d’une SCIC (SociĂ©tĂ© CoopĂ©rative d’IntĂ©rĂŞt Collectif) dĂ©nommĂ©e « DEFI : Domaine de Flambermont ». Cette ambition consiste Ă conjuguer trois objectifs : – dans la restauration du patrimoine du Domaine de Flambermont inscrit Ă l’inventaire supplĂ©mentaire des monuments historiques.
- la réinsertion de personnes marginalisées grâce à la création de quatre entreprises d’insertion ;
- la participation active au dĂ©veloppement Ă©conomique et touristique du territoire dans le cadre de l’Economique Sociale et Solidaire.
La poursuite de ces objectifs s’est concrétisée en 2013 par des avancées significatives dans la mise en œuvre de ceux-ci : Une première Entreprise d’Insertion a été créée le 1er novembre 2013. Il s’agit de l’Atelier Ferronnerie de Flambermont « A2F ». Cette nouvelle entreprise a été conventionnée par la DIRECCTE à l’issue d’un Conseil Départemental de l’Insertion par L’activité Economique (CDIAE) qui s’est tenu le 22 novembre 2013. Le personnel de départ est constitué d’un encadrant technique en CDI et de 2 CDDI, ces trois personnes étant toutes des anciens résidants de notre communauté thérapeutique. Le 5 décembre 2013 a eu lieu l’inauguration officielle de « A2F ».
Parallèlement au lancement de cette activité, le SATO-Picardie poursuit activement la recherche de fonds pour réaliser les travaux de rénovation du château et l’aménagement des abords afin de permettre l’installation de notre deuxième entreprise d’insertion consacrée à l’activité touristique et événementielle. Une troisième entreprise d’insertion sera créée dans le domaine agricole pour développer l’horticulture dans le palmarium restauré, du maraichage sur les terres du domaine (qui fait plus de 11 ha au total) ainsi qu’éventuellement un complément d’activité en élevage. Enfin, une entreprise de restauration viendra compléter le dispositif en utilisant les espaces disponibles du château.
En juin 2013, parait l’étude « Addictions en milieu rural. Pratiques de consommations, accès aux soins et perspectives pour une prévention adaptée aux contextes locaux ». Entreprise en 2012, cette recherche-action conduite par Anne SOLER, sociologue, recrutée pour cette occasion par l’association, concerne trois territoires pilotes à dominante rurale de l’Oise : la Picardie verte ; les Pays des sources et vallées ; le Pays du Valois. Cette recherche entend renseigner les pratiques de consommations de produits psychoactifs en zone rurale ainsi que les modalités de recours aux soins des usagers, cela afin d’évaluer les besoins et les modalités d’action les plus adaptées sur ces territoires (disponible sur le site). Cette même année paraît le premier rapport d’activité sur la mission prostitution. L’équipe de l’unité de Creil/CSAPA ambulatoire réalise une observation sur « L’accompagnement des personnes à problématique alcool/Prescription du baclofène » (rapport d’activité pages 102-107)
En mars 2014, le SATO-Picardie, l’association le Mail dans la Somme et l’association AURORE qui gère un SSR (Soins de Suite et de Réadaptation) dans l’Aisne coorganisent avec le concours de l’ARS, une rencontre régionale sur le thème « Soins résidentiels et hébergements thérapeutiques en addictologie ». Cette manifestation qui s’est déroulée à Amiens a regroupé environ 150 professionnels.
En septembre 2014, et après avoir remporté l’appel à projet lancé fin 2013, le SATO-Picardie met en œuvre en collaboration avec l’association le MAIL du département de la Somme, un Groupement de Coopération Sanitaire et Médico-sociale (GCSMS) pour ouvrir un CAARUD sur le territoire de santé Aisne/Nord-Haute/Somme notamment sur les villes de Saint-Quentin et Hirson. Cet établissement a pris le nom de « K-fèt » et obtenu la conformité de l’ARS le 8 décembre 2014.
En 2019 : mise en place du PESP* (Programmes d’Échange de Seringues en Pharmacie) sur le dĂ©partement de l’Oise. Le SATO conventionne avec une soixantaine de pharmacies.
Les années 2020
En mars 2020, l’association remporte un appel Ă candidatures pour ouvrir des consultations avancĂ©es dans 10 CHRS* (Centre d’HĂ©bergements et de RĂ©insertions) du dĂ©partement de l’Oise.
Ouverture en 2021 du Point d’Accueil Écoute Jeune (PAEJ) Ă Creil, dans les locaux de CSAPA de Creil. La structure a pour objectif de soutenir les jeunes rencontrant d’Ă©ventuelles difficultĂ©s sur le plan scolaire, familial, professionnel, personnel, etc. Le PAEJ s’adresse aux jeunes âgĂ©s de 11 Ă 25 ans et souhaitant ĂŞtre conseillĂ©s, soutenus et/ou accompagnĂ©s au regard des besoins rencontrĂ©s. Il s’adresse aussi aux familles en proposant un lieu d’Ă©coute et de soutien.
En mai 2022 : ouverture de 12 places d’ACT* (Appartements de Coordination ThĂ©rapeutique) sur les villes de Compiègne et de Creil.
En aoĂ»t 2022, le CAARUD Soissons ouvre une antenne dans la ville de Laon, renforçant ainsi un peu plus la prĂ©sence du SATO dans le dĂ©partement de l’Aisne.
Un deuxième Ă©tablissement LHSS s’implante provisoirement sur la ville de Clermont, en attendant la construction d’un nouveau bâtiment sur le site de Saint-Martin-Le-NĹ“ud. Le CHI de Clermont nous met Ă disposition un bâtiment pour dĂ©marrer l’activitĂ© LHSS.
En dĂ©cembre 2023, l’association bĂ©nĂ©ficie de trois places d’ACT* supplĂ©mentaires, ce qui permet d’augmenter le dispositif Ă quinze places.
Le 21 dĂ©cembre 2023 : dissolution du GSCMS SATO Mail. L’activitĂ© CAARUD de Saint-Quentin est rattachĂ©e Ă compter de cette date Ă l’association SATO Picardie.
FĂ©vrier 2024 : dĂ©ploiement du fibroscan itinĂ©rant sur le dĂ©partement de l’Oise. Le SATO Picardie est porteur du projet et met un fibroscan Ă disposition pour les structures addictologiques du territoire (Association Addictions France, CASA de Clermont).
